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Les Nouvelles : Au cœur des préoccupations : le dialogue, l'innovation et les impulsions politiques

La Région de la capitale suisse poursuit son engagement dans divers domaines. Une attention particulière est à nouveau accordée au bilinguisme, notamment dans le cadre de la manifestation « Bilinguisme institutionnel – Parlons-en ! ». Un entretien avec l’ancien coprésident permet en outre de revenir sur les évolutions de ces dernières années. De plus, des thèmes politiques d’actualité seront abordés, notamment le paquet d’allègements budgétaires ainsi que le rapport Weidmann.

Point fort

« Bilinguisme institutionnel : parlons-en ! »

Comment vivre concrètement le bilinguisme dans nos institutions ? C’est sur cette question que s’est penché l’événement « Bilinguisme institutionnel – Parlons-en ! », organisé par la Ville de Fribourg et le canton de Fribourg vendredi 6 mars dernier. Les échanges ont permis de dégager des pistes concrètes pour faire du bilinguisme une véritable force de cohésion. Didier Castella, Conseiller d’Etat fribourgeois et coprésident de la Région capitale suisse, a souligné l’importance de vivre cette diversité comme un enrichissement au niveau institutionnel.

Divers intervenants se sont succédé pour démontrer dans la pratique quotidienne ou par la présentation de projet pilote les bénéfices d’un bilinguisme vécu. Julien Steiner, Chancelier de la Ville de Bienne a exposé les implications concrètes au niveau de l’administration du bilinguisme et dans le domaine public. Alberto Palaia, délégué au plurilinguisme du Canton des Grisons, a conduit les participants dans un tour cantonal d’un territoire plurilingue entre allemand, italien et romanche. Les Dr. Alessandra Keller Gerber et Dr. Audrey Bonvin de l’Institut de plurilinguisme & Centre de langues de l’Université de Fribourg ont présenté un projet innovant pour favoriser, grâce à l’utilisation de l’IA, l’apprentissage d’une langue étrangère. Quant à Mirjam Ballmer, Conseillère communale de la Ville de Fribourg, elle a exposé les leçons tirées des premières tentatives de classe bilingue dès l’école primaire. La perspective nationale et culturelle a été apportée par Fiona Häusler, responsable du service Langues et société, Office fédéral de la culture qui a montré la place des langues en matière de cohésion nationale.

La cinquantaine de représentantes et représentants de la Confédération, des cantons, des villes ainsi que des milieux académique et institutionnel fribourgeois et suisse ont confirmé l’intérêt pour ce genre d’échanges et leur volonté de poursuivre la discussion pour trouver des pistes concrètes au défi du bilinguisme institutionnel.

Partenaire de l’évènement, la Région capitale suisse fait du bilinguisme l'un de ses axes thématiques prioritaires. L’évènement était organisé, avec le soutien du FORUM du bilinguisme et de l'Université de Fribourg.

3 questions à Thierry Steiert

Dans quelques mois, lors de l'Assemblée générale, vous quitterez le comité de la Région capitale suisse, que vous avez également coprésidé entre 2017 et 2019. Quelles ont été vos priorités au sein du comité ?

Thierry Steiert: La Région capitale suisse est devenu un interlocuteur institutionnel connu et reconnu sur l’échiquier politique. Elle a su gagner en visibilité pour mieux défendre les intérêts de la Région au sens large, une région qui s’est forgé une identité propre entre les grands pôles métropolitains de Zurich et de l’Arc lémanique.

J’ai eu le grand plaisir de siéger durant près de 10 ans au sein du comité de la Région capitale suisse, où j’ai notamment apprécié la collaboration horizontale (interrégionale) et verticale, une particularité qu’offre la Région capitale suisse en intégrant des représentants des niveaux cantonal, régional et local, couvrant tout le territoire de la Région capitale suisse. En tant que représentant de l’Agglomération de Fribourg, j’ai pu faire valoir l’identité bilingue de Fribourg et contribuer ainsi à l’un des thèmes phares de la Région capitale suisse, à savoir le bilinguisme français-allemand. Un autre sujet important pour moi était le Cluster Food & Nutrition, qui a son siège à Fribourg. 
 

Quel regard portez-vous sur votre séjour dans la région de la capitale suisse ?
Thierry Steiert: 
Je garderai un excellent souvenir de la co-présidence de la Région capitale suisse, que j’ai eu le plaisir d’exercer avec le Conseiller d’Etat Christoph Ammann. J’ai aussi apprécié la cohésion au sein de la Région capitale suisse lorsqu’il s’agissait de lutter contre la fermeture du studio de la Radio DRS à Berne. De manière générale, les contacts que j’ai pu établir au sein du comité, au-delà des appartenances partisanes, m’ont permis d’élargir l’horizon et d’échanger avec mes collègues sur des sujets qui nous concernent tous. 

Quel thème ou enjeu devrait, selon vous, rester prioritaire pour la Région capitale suisse dans les prochaines années ?

Thierry Steiert: Dans un contexte de polarisation croissante et de remise en question des valeurs, il me semble important de prendre conscience du rôle important que joue la Région capitale suisse pour la cohésion nationale. La frontière linguistique traverse tout le territoire de la Région capitale suisse, et c’est là que les deux communautés linguistiques les plus importantes de notre pays peuvent échanger et s’enrichir mutuellement. Dans les dossiers thématiques, la politique des transports jouera certainement un rôle primordial ces prochaines années, il s’agira d’assurer le développement des infrastructures des transports publics dans la Région capitale suisse. A part cela, le focus sur le secteur agroalimentaire est essentiel pour l’identité de la région.

Inspiration de la RCS

Cluster Food & Nutrition - Rencontre bernoise : Collaborer pour innover

Le Cluster Food & Nutrition, avec le soutien de la Région capitale suisse, a réuni à Berne des acteurs de la filière agroalimentaire pour une rencontre dédiée à la collaboration et à l’innovation dans le secteur. L’objectif : partager les soutiens et outils disponibles pour stimuler la créativité et les projets innovants dans la branche.

Après une introduction présentant les activités du Cluster Food & Nutrition, Sproudz SA a partagé ses expériences et conseils pour établir des partenariats gagnant-gagnant entre fenaco et des startups. AgroFoodPark a ensuite présenté ses dispositifs d’accompagnement pour les projets innovants, tandis que la BFH-HAFL a détaillé les soutiens académiques disponibles pour transformer les idées novatrices en projets concrets. Ces interventions ont permis aux participants d’avoir une vision claire des opportunités et outils existants pour stimuler l’innovation dans le secteur agroalimentaire.

La deuxième partie de la rencontre a mis en lumière quatre nouveaux membres du Cluster Food & Nutrition, qui ont présenté leurs missions et projets, incarnant parfaitement l’esprit d’innovation au sein de la filière. Les participants ont ensuite pris part à un atelier collaboratif, échangeant sur leurs besoins et ce qu’ils pouvaient offrir, afin d’identifier de potentielles synergies et collaborations futures.

La journée s’est clôturée autour d’un apéritif de réseautage, offrant aux participants l’occasion de prolonger les discussions et de consolider les liens créés.

Cette rencontre à Berne s’inscrit dans la volonté du Cluster Food & Nutrition de renforcer son réseau au-delà de Fribourg, en particulier pour toucher un public suisse allemand partageant les mêmes valeurs et ambitions en matière d’innovation agroalimentaire.

Politique

Programme d’allègement budgétaire 2027

Avec le programme d’allègement budgétaire 2027, le Conseil fédéral entendait réduire la croissance des dépenses et économiser 2,4 milliards en 2027 et environ 3 milliards en 2028 et 2029. La Région capitale suisse a participé à la consultation correspondante et a identifié cinq mesures prioritaires :

  • FIF/FORTA : réduction des apports / augmentation du degré de couverture des coûts dans le transport régional de voyageurs / suppression du soutien à l’École cantonale de langue française de Berne (ECLF) /
  • Politique régionale : renonciation à des apports supplémentaires au fonds.

La Région capitale suisse s'est également engagée activement pour défendre ses intérêts dans le cadre des débats parlementaires. Le Conseil des États s'est prononcé pour la première fois sur le paquet d'allègements lors de la session d'hiver 2025, et le Conseil national lors de la session de printemps 2026. Concernant les mesures 13 (FORTA : réduction des apports) et 31 (ECLF), les Chambres ont suivi d’emblée le Conseil fédéral. Pour le FIF (mesure 39), elles se sont rapidement mises d’accord sur un compromis visant à réduire les contributions moins fortement que ne le proposait le Conseil fédéral. En matière de politique régionale (mesure 54), la proposition visant à ne pas modifier la loi et à ne pas réduire les contributions au fonds, même à titre temporaire, a prévalu. C’est la mesure 14 (degré de couverture des coûts dans le transport régional de voyageurs) qui a fait l’objet des discussions les plus longues. Le Conseil des États a d’abord soutenu le projet du Conseil fédéral. Le Conseil national, en revanche, souhaitait une harmonisation avec le crédit d’engagement adopté lors de la session d’hiver 2025 pour l’indemnisation des prestations du transport régional de voyageurs (TRV) pour les années 2026–2028 (25.055), soit une augmentation de 10 millions de francs au lieu d’une réduction de 60 millions. Le Conseil des États a d’abord voulu réduire cette différence de moitié. Le Conseil national a maintenu sa position, souhaitant réaliser des économies moins importantes que la Chambre haute (mais tout de même réduire le budget de 10 millions, de sorte qu’il n’y ait ni alourdissement ni allègement du budget fédéral et que le degré de couverture des coûts ne soit pas augmenté). Le Conseil des États a finalement approuvé cette version. Les décisions relatives aux mesures 14, 39 et 54 ont ainsi été prises, dans l'ensemble, dans l'intérêt de la région capitale.

Le projet a été examiné lors de la session de printemps et a été revu à la baisse pour atteindre environ 60 % de l'allègement initialement prévu (soit entre 1,4 et environ 2 milliards de francs au cours des trois prochaines années). Un éventuel référendum aurait lieu en septembre 2026, afin que les modifications législatives puissent entrer en vigueur le 1er janvier 2027.

Rapport Weidmann

En octobre 2025, le Conseil fédéral a pris connaissance du « rapport Weidmann » de l'EPFZ, qui a examiné les projets d'extension prévus pour tous les modes de transport et les a classés par ordre de priorité pour la période 2025-2045.

Sur la base du «Rapport Weidmann» ainsi que des évaluations et analyses des offices fédéraux compétents (ARE, OFROU, OFT), le Conseil fédéral a adopté, le 28 janvier 2026, les paramètres stratégiques pour le développement des infrastructures de transport jusqu’en 2045. Il a chargé le DETEC de transposer ces paramètres dans un projet soumis à consultation d’ici fin juin 2026. Le projet « Transports ’45 » vise notamment à renforcer les capacités du transport ferroviaire, à éliminer les goulets d’étranglement existants sur le réseau routier national et à soutenir de manière ciblée les projets de transport dans les agglomérations.

De nombreux projets dans la Région capitale suisse sont également concernés. D’ici 2045, la « Ligne Directe Neuchâtel – La Chaux-de-Fonds » ou le tunnel du Grimsel devraient notamment voir le jour. La Région capitale suisse a procédé à une première analyse du projet « Transports '45 » et va l’affiner en vue de la consultation, en mettant l’accent sur des projets clés communs. Il est d’ores et déjà clair qu’elle continuera à s’engager en faveur d’une forte intégration dans les réseaux de transport nationaux et internationaux ainsi que d’une bonne desserte au sein de la région.